Dieppe, le 7 décembre 2022 – Le gouvernement du Nouveau-Brunswick (GNB) a rendu publics, aujourd’hui, les détails entourant le budget d’immobilisations pour l’année 2023-2024, dont ceux attribués au secteur de l’éducation.

« Le Conseil d’éducation (CED) est déçu, encore une fois, du fait que plusieurs projets d’immobilisations essentiels au District scolaire francophone Sud (DSFS) ne se retrouvent pas dans la liste de priorités du gouvernement provincial, souligne Michel Côté, président du CED du DSFS. Des investissements seront accordés à huit écoles de la province, mais très peu seront attribués aux écoles du DSFS. Par son manque d’investissement en éducation, le gouvernement hypothèque le futur de nos élèves francophones, qui verront de sérieuses répercussions dans les années à venir. »

Il faut cependant dire que nous sommes très heureux de l’ouverture, en 2023, du nouveau complexe scolaire de Moncton, qui permettra de libérer un peu d’espace dans les écoles de la région. Ce projet démontre le besoin important de développer de nouvelles infrastructures dans cette région, où la population augmente très rapidement.

Selon le CED, le GNB ne semble pas tenir compte de la croissance fulgurante du DSFS et de la nécessité à la fois évidente et urgente d’agrandir ou de construire de nouvelles écoles, particulièrement dans les régions de Moncton, de Fredericton et de Saint-Jean.

Du côté des priorités établies par le CED, à Moncton, par exemple, la demande d’agrandissement à l’école Saint-Henri, qui a accueilli, au cours de la dernière année, 105 nouveaux élèves, n’a pas été retenue par le GNB. De plus, nos demandes d’agrandissement du Centre scolaire Samuel-de-Champlain de Saint-Jean, du Carrefour Beausoleil de Miramichi, de l’école Abbey-Landry de Memramcook, et les projets mi-vie des écoles Louis-J.-Robichaud de Shediac et Amirault de Dieppe n’ont également pas été retenus, menaçant ainsi la fidélisation des élèves dans le secteur éducatif francophone et la vitalité de la francophonie dans ces communautés anglodominantes.

L’un des rôles du comité de planification des infrastructures scolaires du CED est d’assurer des infrastructures de qualité pour nos élèves. Il commande également des études de projections démographiques qui sont partagées avec le gouvernement. Il est désolant de constater que le gouvernement ne répond pas favorablement à nos demandes. Par exemple, nous aurons à aménager des classes mobiles dans un avenir rapproché à l’école Saint-Henri de Moncton.

Peu d’investissements accordés aux écoles francophones en milieu minoritaire

La Cour suprême du Canada a tranché, en 2020, en faveur du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique et de la Fédération des parents francophones de la province dans le dossier sur le financement de l’éducation en français en contexte minoritaire. Ce jugement avait reconnu l’obligation d’assurer un financement adéquat des conseils scolaires francophones afin que les élèves aient accès à une éducation équivalente.

Dans notre province, très peu d’investissements seront accordés aux écoles francophones en milieu minoritaire. La grande partie du financement ira aux écoles anglophones, une situation que le CED juge inquiétante.

« Nous avons observé un début d’année record en ce qui touche aux nouvelles inscriptions, affirme M. Côté. Certaines de nos écoles, dont l’école Saint-Henri de Moncton, manquent d’espace et ont du mal à avoir suffisamment de salles de classe. »

Encore une fois, le processus d’analyse tient très peu compte de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés et de l’équivalence dans l’offre des services éducatifs aux deux groupes linguistiques.

Le CED somme le GNB de revoir son processus d’analyse et les priorités établies à partir de celui-ci qui ne reflètent pas celles du DSFS.

« Alors que le DSFS peine à répondre aux besoins de sa clientèle, représentant maintenant plus de 54 % des élèves francophones au Nouveau-Brunswick, le CED avait fait un judicieux exercice de planification afin d’identifier les besoins les plus criants au DSFS, affirme M. Côté. Il est déplorable que ce travail de priorisation du district scolaire n’ait pas été respecté par notre gouvernement provincial. »

Investissements nécessaires pour assurer un milieu propice à l’apprentissage  

Au cours de la dernière année, le DSFS — particulièrement les régions de Moncton, de Fredericton et de Saint-Jean — a connu une forte croissance de ses effectifs scolaires en raison, entre autres, de l’arrivée massive de nouveaux arrivants. Nos écoles accueillent cette année 540 élèves issus de l’immigration de plus que pendant l’année scolaire 2021-2022. Des locaux supplémentaires sont essentiels afin d’offrir des services personnalisés sur le plan de la francisation et de l’intégration de cette clientèle, un élément qui n’est pas tenu en compte dans le processus d’analyse du GNB.

La clientèle issue de l’immigration et les élèves de familles exogames, qui sont majoritairement inscrits dans les écoles du DSFS, nécessitent des services de soutien à l’apprentissage personnalisés. La livraison de ces services de soutien demande, par exemple, des locaux supplémentaires et des espaces adéquats pour la tenue d’activités d’intégration et d’acquisition linguistique.

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Source :
Jean-Luc Thériault
Directeur des relations stratégiques par intérim
District scolaire francophone Sud
Jean-Luc.Theriault@nbed.nb.ca 

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