Dieppe, le 16 décembre 2020 – Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick a rendu publics, aujourd’hui, les détails entourant les budgets d’immobilisation pour l’année 2021-2022, dont ceux attribués au secteur de l’éducation.
Le Conseil d’éducation (CED) du District scolaire francophone Sud (DSFS) est soulagé d’apprendre que le projet de construction du nouveau complexe scolaire à Moncton, qui pourra accueillir jusqu’à 1300 élèves de la maternelle à la 8e année, se poursuit. Il aurait été déplorable de cesser les travaux à cette étape du projet. Par ailleurs, il déplore vivement le fait que plusieurs projets essentiels au District scolaire francophone Sud (DSFS) soient encore une fois remis à plus tard.
« Même en période de pandémie, il est crucial d’investir dans l’infrastructure scolaire afin de maintenir la qualité de celle-ci, mais aussi pour qu’elle réponde aux besoins grandissants de notre district, explique monsieur Paul Demers, président du Conseil d’éducation. En forte croissance, le DSFS compte maintenant plus de 50 % de la population étudiante francophone de la province. Depuis quelques années, le gouvernement de Blaine Higgs ne fait que reporter les investissements, alors que les besoins existants ne font que s’intensifier et d’autres viennent s’ajouter à la liste en raison de cette croissance. »
Besoin de nouvelles écoles pour assurer la survie des communautés francophones
Selon le CED, le Gouvernement du Nouveau-Brunswick ne semble pas tenir compte de la croissance du DSFS et de la nécessité évidente et urgente de construire de nouvelles écoles, particulièrement dans les régions de Fredericton et de Saint-Jean. « À ce rythme, en 2022, l’école Samuel-de-Champlain aura atteint un seuil critique et ne pourra pas accueillir davantage d’élèves, alors que deux agrandissements ont déjà été faits et plusieurs locaux doivent être loués dans le centre communautaire, ajoute monsieur Demers. À Fredericton, la situation évolue à peu près au même rythme. »
Au cours des dernières années, la région de Saint-Jean a connu une forte croissance due, entre autres, à l’arrivée massive de nouveaux arrivants. L’école Samuel-de-Champlain a besoin de locaux supplémentaires afin d’offrir des services personnalisés sur le plan de la francisation et de l’intégration de cette clientèle. En 2019 et en 2020, le CED a identifié le projet de construction d’une nouvelle école 6e-8e à Saint-Jean comme priorité, étant donné la croissance des effectifs scolaires et le manque d’espace.
« La construction de cette nouvelle école est intimement liée à la survie de la Francophonie à Saint-Jean. Avec le manque d’espace à Samuel-de-Champlain, nous craignons que des élèves choisissent de s’inscrire à l’école de langue anglaise », indique monsieur Demers.
Besoin de rénovation pour assurer un milieu propice à l’apprentissage
Parmi les autres grandes déceptions du Conseil d’éducation, les travaux de modernisation à mie-vie à l’école Louis-J.-Robichaud ont aussi été reportés. Construite en 1970, la plus vieille école secondaire francophone de la province a grandement besoin de rénovation pour assurer un milieu propice à l’apprentissage. De plus, des bureaux pour le personnel du district devaient être aménagés dans cet édifice en raison du manque d’espace dans les locaux situés à Dieppe qui ne répondent plus à la demande d’un district en croissance.
L’aménagement des bureaux du district dans l’édifice abritant l’école Louis-J.-Robichaud aurait aussi permis des économies à long terme. Le coût du loyer à Dieppe aurait été absorbé en quelques années dans le cadre de l’investissement à mi-vie à l’école de Shediac. Selon le président Demers, le fait de ne pas investir dans le maintien de l’infrastructure existante représente un pas vers l’arrière et finira par coûter plus cher aux contribuables.
D’autres écoles figurent également sur la liste des priorités du Conseil d’éducation
Des travaux de modernisation à mi-vie sont aussi nécessaires aux écoles Saint-Henri, de Moncton, Mathieu-Martin et Amirault, de Dieppe, et Mgr-Marcel-François-Richard, de Saint-Louis-de-Kent, alors que les écoles Abbey-Landry, de Memramcook, et Carrefour Beausoleil, de Miramichi, nécessitent des travaux d’agrandissement.
Considérations légales et obligations gouvernementales
Rappelons qu’en juin 2020, la Cour suprême du Canada a tranché en faveur du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF) et de la Fédération des parents francophones de la province (FPFCB) dans le dossier sur le financement de l’éducation en français, langue première, en contexte minoritaire. Ce jugement reconnaît l’obligation d’assurer un financement adéquat des conseils scolaires francophones afin que les élèves aient accès à une éducation équivalente.
« Certaines infrastructures au DSFS ne permettent pas d’offrir une éducation équivalente, particulièrement dans les régions où les francophones sont minoritaires, dont Saint-Jean, Fredericton et Miramichi, affectant du même coup la fidélisation des élèves et la survie des communautés francophones de ces régions. Malgré ce jugement de la Cour suprême du Canada et malgré la preuve de besoins pressants au sein de notre district, notre Gouvernement ne semble malheureusement pas avoir le même sentiment d’urgence que nous », conclue le président du Conseil d’éducation.
Source :
Ghislaine Arsenault
Directrice des relations stratégiques
District scolaire francophone Sud
DSF-SInfo@nbed.nb.ca