Dieppe, le 17 août 2020 - Le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance (MEDPE) a rendu publique la liste des priorités relatives aux projets d’infrastructure scolaire pour l’année 2020-2021, dans un communiqué publié le vendredi 14 août 2020.
Le Conseil d’éducation (CED) se réjouit du fait que plusieurs des plus vieilles écoles du District scolaire francophone Sud (DSFS), nécessitant d’importantes mises à niveau, figurent sur la liste des priorités du gouvernement provincial en ce qui a trait aux projets d’infrastructure. En ordre de priorité, des travaux de modernisation à mi-vie sont prévus dans les écoles Saint-Henri, de Moncton, Louis-J.-Robichaud, de Shediac, Mathieu-Martin et Amirault, de Dieppe, et Mgr-Marcel-François-Richard, de Saint-Louis-de-Kent, alors que des travaux d’agrandissement sont prévus à Abbey-Landry, de Memramcook, et au Carrefour Beausoleil, de Miramichi.
Toutefois, le CED s’inquiète du fait que les priorités du gouvernement ne semblent pas tenir compte de la croissance du DSFS et de la nécessité évidente de construire de nouvelles écoles rapidement, particulièrement dans les régions de Fredericton et de Saint-Jean. Selon le CED, il faut que la construction de ces nouvelles écoles grimpe dans la liste des priorités, étant donné le manque d’espace qui se fait déjà sentir et la croissance qui se poursuit. À ce rythme, en 2022, l’école Samuel-de-Champlain aura atteint un seuil critique et ne pourra pas accueillir davantage d’élèves, alors que deux agrandissements ont déjà été faits et plusieurs locaux doivent être loués dans le centre communautaire. À Fredericton, la situation évolue à peu près au même rythme.
Au cours des dernières années, la région de Saint-Jean a connu une forte croissance due, entre autres, à l’arrivée massive de nouveaux arrivants. L’école Samuel-de-Champlain a besoin de locaux supplémentaires afin d’offrir des services personnalisés sur le plan de la francisation et de l’intégration de cette clientèle. Toutefois, bien que le processus d’analyse multidimensionnelle quadruple bilan fournisse une analyse objective, impartiale et fondée sur des données dans l’élaboration des priorités, il ne tient pas compte de ce genre de particularités de l’école de Saint-Jean.
« Compte tenu de cette limite dans le processus d’analyse et de la réalité propre à l’école Samuel-de-Champlain, le Conseil d’éducation implore le gouvernement de faire grimper le projet de construction de cette école dans sa liste de priorités », souligne monsieur Paul Demers, président du Conseil d’éducation du DSFS. À Fredericton, qui connaît une situation similaire à celle de Saint-Jean, la construction d’une nouvelle école sur la rive sud figure également loin dans la liste des priorités.
Rappelons qu’en juin 2020, la Cour suprême du Canada a tranché en faveur du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF) et de la Fédération des parents francophones de la province (FPFCB) dans le dossier sur le financement de l’éducation en français, langue première, en contexte minoritaire. Ce jugement reconnaît l’obligation d’assurer un financement adéquat des conseils scolaires francophones afin que les élèves aient accès à une éducation équivalente.
« La question de l’équité dans l’offre de services éducatifs est importante dans ce dossier. L’infrastructure dans la région de Saint-Jean ne permet pas d’offrir des services éducatifs équivalents à la clientèle anglophone et francophone. Par exemple, le gymnase de l’école Samuel-de-Champlain ne permet pas la flexibilité nécessaire à un milieu propice à l’activité physique. L’infrastructure affecte donc la fidélisation des élèves dans les écoles de langue française, particulièrement dans les régions où les francophones sont minoritaires, dont Saint-Jean, Fredericton et Miramichi », poursuit monsieur Demers.
Le Conseil d’éducation rappelle l’importance de maintenir la qualité de l’infrastructure scolaire, même en période de pandémie, et de bien prévoir les projets à venir, respectant les droits des francophones vivant en situation minoritaire. Le DSFS compte plus de 50 % de la population étudiante francophone de la province, il est donc primordial de faire valoir les besoins de notre district qui ne cessent de croître, particulièrement dans les régions anglodominantes.
« Je salue la transparence et l’objectivité du gouvernement dans cet exercice rendu public la semaine dernière, mais nous l’implorons à continuer de tenir compte des particularités de notre district dans la planification des projets d’immobilisations », conclut monsieur Demers.
Source :Ghislaine Arsenault
Directrice des relations stratégiques
District scolaire francophone Sud
DSF-SInfo@nbed.nb.ca