Dieppe, le 15 mai 2020 - L'idée lui est venue lors d’une nuit d'insomnie peu après la fermeture des écoles en lien avec la pandémie.

Enseignante en première année à l'école Donat-Robichaud de Cap-Pelé, Marie-Josée Comeau devait trouver le moyen d’assurer l'apprentissage des élèves confinés à la maison. L’objectif était d'établir un contact direct avec ceux-ci.

« J'ai essayé de parler avec chaque enfant, mais ce n’est pas facile quand ils ne nous voient pas… Il y en avait qui ne voulaient pas parler, il y en a même une qui s'est mise à pleurer parce qu'elle s'ennuyait », se rappelle-t-elle.

Pour établir un lien plus visuel, l'enseignante a commencé à se filmer devant un tableau pour donner des devoirs d'orthographe – des mots d'ortho comme elle les appelle – c’est d’ailleurs ce qu'elle faisait déjà en classe.

La nuit suivante, n’arrivant pas à dormir, elle s’est dit que son idée ne fonctionnerait pas avec de si jeunes enfants. « J'ai pensé : ce n’est pas vrai, je ne peux pas faire cela, ils vont abandonner avant la fin mars. »

N’arrivant toujours pas à trouver le sommeil, Marie-Josée s'est mise à parcourir Snapchat sur son téléphone. En s'amusant avec la caméra et les filtres, le déclic se fit. « Je me suis créé un personnage. On pouvait voir que c'était encore moi, mais à travers un personnage virtuel. Ma voix changeait, elle ressemblait à celle d’un enfant. En essayant plusieurs filtres, j'ai réalisé que je pouvais m'enregistrer et créer une vidéo d’une minute, ce qui était parfait pour un mot d'ortho. » C’est ainsi que Jojo a pris naissance.

Après s’être enregistrée sur Snapchat, l'enseignante fit le montage sur une autre application avant de transférer le produit final sur la page Facebook de sa classe où les élèves pourraient le visionner parmi d'autre matériel pédagogique.

Depuis, les lundis, elle présente virtuellement à ses élèves sa capsule originale où elle-même présente les six mots à découvrir. « Puis, le mardi, c'est Jojo qui prend la relève, explique-t-elle. Elle vient vérifier s'ils ont pratiqué leurs mots. »

La popularité du personnage auprès des élèves a été instantanée. Marie-Josée enregistre alors plusieurs capsules par semaine, une pour chaque mot. « Je fais une petite mise en situation dans laquelle le mot se retrouve. Puis là, je fais une pause et je demande : connais-tu ce mot-là toi? Ensuite, je leur demande d'aller écrire le mot sur le mur avec le doigt. Ils ont plus envie de le faire avec Jojo qu'avec moi! »

Son personnage commença même à l'envahir un peu. « À un moment donné, j'avais tellement fait de capsules, je m'apercevais que je parlais comme Jojo dans la maison. Ma fille, qui va avoir 20 ans, n’était plus capable. »

Marie-Josée Comeau admet qu'elle n'aurait jamais eu le temps de développer ce genre de matériel sans le confinement imposé par la pandémie. Elle ajoute qu’elle utilisera ces capsules dans la salle de classe. « Jojo va être dans ma classe pour toujours. Ces capsules permettront aux élèves de s'installer et d’interagir avec Jojo et moi je pourrai interagir avec un autre groupe d'élèves. J'en profite vraiment. Quand les vacances d'été vont commencer, je vais travailler mon ortho au complet en filmant toutes mes capsules et ainsi avoir tous les mots pour l'année. »

Comme quoi à quelque chose malheur est bon, comme dit le proverbe.

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Source : 
Ghislaine Arsenault
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