Budget d'immobilisation: le CED réagit

Dieppe, le 8 décembre 2021 – Le Gouvernement du Nouveau-Brunswick (GNB) a rendu publics, aujourd’hui, les détails entourant le budget d’immobilisations pour l’année 2022-2023, dont ceux attribués au secteur de l’éducation.

« Le Conseil d’éducation (CED) déplore vivement le fait que plusieurs projets d’immobilisations essentiels au District scolaire francophone Sud (DSFS) sont encore une fois remis à plus tard ou carrément écartés de la liste de priorités du gouvernement provincial, particulièrement dans les régions où les francophones sont minoritaires », souligne Michel Côté, président du CED du DSFS.

À Saint-Jean, par exemple, la demande de construction d’une nouvelle école n’a pas été retenue par le GNB tout comme l’agrandissement de l'école Carrefour Beausoleil, de Miramichi, menaçant ainsi la fidélisation des élèves dans le secteur éducatif francophone et la vitalité de la francophonie dans ces communautés anglo-dominantes. Pourtant, ces projets avaient été identifiés par le CED comme des priorités au DSFS. 

Réduction inquiétante des investissements en immobilisation

De plus, une réduction importante dans les investissements en immobilisations a été observée au cours des dernières années. Les fonds accordés ont été réduits de près de la moitié depuis les trois dernières années, une situation jugée inquiétante pour le CED. « Un investissement moindre dans les infrastructures scolaires, qui ne permet pas l’entretien des édifices existants ni la construction de nouvelles écoles à un rythme qui puisse répondre aux besoins, ne fera que creuser l’écart et plonger la province dans une situation économique précaire à plus long terme », explique monsieur Côté.

Obligation gouvernementale face à la sauvegarde des communautés francophones minoritaires
Rappelons qu’en juin 2020, la Cour suprême du Canada a tranché en faveur du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique (CSF) et de la Fédération des parents francophones de la province (FPFCB) dans le dossier sur le financement de l’éducation en français, en contexte minoritaire. Ce jugement avait reconnu l’obligation d’assurer un financement adéquat des conseils scolaires francophones afin que les élèves aient accès à une éducation équivalente.

« Certaines infrastructures au DSFS ne permettent pas d’offrir une éducation équivalente, particulièrement dans les régions où les francophones sont minoritaires, dont Saint-Jean, Fredericton et Miramichi. Ce jugement de la Cour suprême du Canada et la preuve des besoins pressants au sein de notre district scolaire en situation linguistique minoritaire nous semblent plus que déterminants pour justifier les investissements demandés », rappelle monsieur Côté.

Investissements nécessaires pour assurer un milieu propice à l’apprentissage
Selon le CED, le GNB ne semble pas tenir compte de la croissance fulgurante du DSFS et de la nécessité à la fois évidente et urgente d’agrandir ou de construire de nouvelles écoles, particulièrement dans les régions de Fredericton et de Saint-Jean. « Rappelons qu’à ce rythme, en 2022, l’école Samuel-de-Champlain aura atteint un seuil critique et ne pourra pas accueillir davantage d’élèves, alors que deux agrandissements ont déjà été faits et plusieurs locaux doivent être loués dans le centre communautaire, ajoute monsieur Côté. À Fredericton, la situation évolue à peu près au même rythme. »

Au cours des dernières années, le DSFS, particulièrement la région de Saint-Jean, a connu une forte croissance de ses effectifs scolaires due, entre autres, à l’arrivée massive de nouveaux arrivants. Des locaux supplémentaires sont essentiels afin d’offrir des services personnalisés sur le plan de la francisation et de l’intégration de cette clientèle, un élément qui n’est pas tenu en compte dans le processus d’analyse du GNB.

Un processus d’analyse qui ne tient pas compte des besoins particuliers du DSFS

Selon le CED, le processus d’analyse multidimensionnelle quadruple bilan, utilisé par le GNB afin de déterminer ses priorités en infrastructures, ne tient pas compte de certains éléments qui défavorisent le DSFS. Il fournit certes une analyse objective, fondée sur des données, mais il a toutefois ses limites. Ce processus ne tient pas compte des particularités de la clientèle et des réalités linguistiques des régions, entre autres.

La clientèle issue de l’immigration et les élèves de familles exogames, qui sont majoritairement inscrits dans les écoles du DSFS, nécessitent des services de soutien à l’apprentissage personnalisés. La livraison de ces services de soutien demande des locaux supplémentaires et des espaces adéquats pour la tenue d’activités d’intégration et d’acquisition linguistique, par exemple.

Le processus d’analyse ne tient pas non plus compte de l’article 23 de la Charte des droits et libertés et de l’équivalence dans l’offre des services éducatifs aux deux groupes linguistiques.

Le Conseil d’éducation somme le GNB à revoir son processus d’analyse et les priorités établis à partir de celui-ci qui ne reflètent pas celles du DSFS. « Alors que le DSFS peine à répondre aux besoins de sa clientèle, représentant maintenant plus de 53 % de la population étudiante francophone au NB, le Conseil d’éducation avait fait un judicieux exercice de planification afin d’identifier les besoins les plus criants au DSFS. Il est déplorable que ce travail de priorisation au niveau du district scolaire n’ait pas été respecté par notre gouvernement provincial », conclut monsieur Côté.

Alors que les projets à Saint-Jean (nouvelle école), à Miramichi (agrandissement à l’école Carrefour Beausoleil), à Shediac (projet mi-vie à l’école Mgr-François-Bourgeois) et à Dieppe (projet mi-vie à l’école Amirault) ne figurent pas sur la liste des priorités du GNB, le CED se réjouit toutefois des projets qui ont été mis en priorités, notamment la poursuite de la construction d’un nouveau complexe scolaire à Moncton, et les projets aux écoles Saint-Henri, de Moncton (améliorations et ajout d’une annexe) ; Abbey-Landry, de Memramcook (ajout d’une annexe) ; Louis-J.-Robichaud, de Shediac (améliorations) ; Mathieu-Martin, de Dieppe (améliorations et ajout d’une annexe) ; et Sainte-Anne (améliorations et ajout d’une annexe).

Source :
Ghislaine Arsenault
Directrice des relations stratégiques
District scolaire francophone Sud
DSF-SInfo@nbed.nb.ca

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